Mais où aller ?

Quelle rive atteindre ? Quelle ville enceindre ?

Où se réfugier ?

Quel corps étreindre ? Quels interdits enfreindre ?

Nul ne m'entend, je ne peux maudire.

Je mendie les caresses des orties.1

 

 

        Cinéaste de conviction et poète engagé, Sylvain George écume les routes de France et de Navarre afin de recueillir la parole des insurgés, ceux qui fuient les guerres et les territoires ravagés et ceux qui défendent une autre idée de la question politique et ébauchent un nouvel archétype du contrat social. Dans ce « monde commun »dont Hannah Arendt faisait appel de ses vœux, l’ouverture à l’autre devient enjeu primordial. De Madrid à Calais, de Paris à Clichy-sous-Bois, la dialectique autour des enjeux sociaux et migratoires apparait comme les deux versants d'un même idéal égalitaire. La parole recueillie de ceux qui franchissent nos frontières fait éclater la vision ethnocentriste tout en laissant entrevoir la condition de vie de ceux qui souvent ne sont que des chiffres ou des statistiques dans les médias, dont la vie fragile est exposée sans que l’on ne connaisse rien de leur vie passée. Dans notre société consumériste, « La parole évanescente du fait »3est privilégiée selon François Jost et le quidam cathodique devient par là-même un témoin qui s’annihile. 

        Dans les films et récits de Sylvain George, les voix des exilés du Sahel et du Moyen-Orient se mêlent aux images et textes introspectifs. Avec la publication de Noir inconnu (Wanderer) ✯, les paroles et les actes entrent en résonance afin de nous livrer un Pretium doloris amer du chemin parcouru. Ces témoignages à bâtons rompus hantent nos esprits et impriment nos rétines jusqu’à nous tordre les boyaux. Son film majeur Qu'ils reposent en révolte au titre incandescent est le plus bouleversant. Comment ne pas être saisi par ces vies broyées, ces destins sans cesse avortés et ces tentatives d'embrasement qui ne trouvent pas d'échos. Pour le poète Homère, la parole est déjà action. La recueillir et nous la donner à entendre est dès lors acte de résistance. Comme le définit Michel Foucault « la résistance n’est pas uniquement une négation : elle est processus de création »et dès lors elle nous fait entrevoir le champ des possibles, nous incite à la non-résignation. 

        Entre étincelles et admonitions, tel un chœur antique, les rêves et désillusions qui accompagnent ses voix font vibrer le processus diégétique. On ne peut que songer aux premiers vers amers de Joachim Du Bellay sur les routes de l’exil célébrant la patrie aimée et sondant les vicissitudes des errances « du cœur apatride »5 :

« Heureux qui, comme Ulysse a fait un beau voyage

Ou comme cestui-là qui conquit la toison,

Et puis est retourné, plein d’usage et raison,

Vivre entre ses parents le reste de son âge ! »6

 

Dans leur longue odyssée agonistique, les nouveaux Ulysse, au péril de leur vie, tentent une traversée héroïque au travers des lames de la Méditerranée. La fuite de la guerre, la misère et l'insécurité de pays usés et gangrénés par des souverains corrompus pousse ses oiseaux de disgrâce aux risques les plus insensés. Dans l'espoir d'une vie meilleure et face à une vie sans avenir, ils quittent leur famille et emportent avec eux ce qu'ils ont de plus cher. Sur des radeaux de fortune, entre tempête et intempéries, l'épopée se révèle extrêmement périlleuse, quand elle ne finit pas en naufrage. Dès lors, la sordide mésaventure du radeau de la Méduse immortalisée par Théodore Géricault refait surface plus de deux siècles après sur les murs de Calais - bien qu'effacée depuis - grâce aux bombes aérosol de Banksy.Ce pastiche devient le symbole de l'impuissance, voire du cynisme des politiques européennes n'arrivant pas à trouver de solutions communes face au drame, et la métaphore de la dérive désespérée des migrants au milieu de la Méditerranée.

 

 

Toujours sur la brèche, caméra ou stylo au poing, la praxis artistique devient phénoménologie où les « anges damnés »8ont droit de cité. Réminiscences ardentes des nuits passées en compagnie d’Alif, Amanuel, Henok, Mohammad, dans une multiplicité de voix et de plaintes. De cette « narration fragmentée », utile à la libération de la critique, célébrée par Theodor W. Adorno9, naît le sentiment d'être écouté. Les revendications et doléances de ceux qui traversent nos villes, tels des ombres fugaces, sont portées jusqu'à nous par l'artiste-messager. Le cœur lourd et les mains vides, la parole libérée. 

        À une époque de grands bouleversements géopolitiques, économiques et climatiques à venir, Sylvain George témoigne des soubresauts de l’histoire et recueille les pulsations de l’Europe tout en convoquant les aspirations et les craintes de ceux qui sont en ligne de mire. L'Europe comme seul horizon, nouvelle Babel de leurs rêves incertains. Tour chimérique aux mille sentinelles où leurs espoirs vont se heurter aux frontières cerclées de barbelés. Pour ceux qui parviennent à franchir les remparts de la forteresse, leur répit n'est que de courte durée et leur pérégrination ne fait que commencer. Entre stupeurs et désillusions, ces « nouveaux arrivants » comme les nomme Hannah Arendt sont ceux qui « cherchent refuge »10 et finissent par se retrouver dans l'œil du cyclone. 

        Ces dernières années, quelques réalisateurs se sont rendus au chevet de cette Europe, tantôt insensible face au sort des migrants dans le documentaire Les messagers, d'Hélène Crouzillat et Laetitia Tura, ou indifférente dans Fuocoammare, par delà Lampedusa, de Gianfranco Rosi et pouvant être également accueillante avec Un paese di calabria, de Shu Aiello et Catherine Catela. 

Pour paraphraser Alain Badiou11avec un titre provocateur qui depuis a fait florès, tout en le modifiant légèrement afin de l'adapter à la situation : De quoi l'Europe est-elle le nom ? Si l'on s'intéresse à l'étymologie du mot Europe, pour l'helléniste Françoise Frontisi-Ducroux, le mot détient « une racine sémitique et désigne une région qui se trouve vers le couchant »12, de l'autre côté de la Méditerranée. Avant son évocation figurative, l'Europe était déjà une région pré-définie. La figure mythologique Europe qui incarne désormais le continent est une princesse phénicienne déracinée que Zeus, épris par sa grande beauté, aurait arrachée à ses terres, traversant la Méditerranée pour la conduire en Grèce. L'amour de Zeus pour cette belle étrangère lui permet de dépasser les frontières et de ramener sa captive sur le continent afin de s'unir à elle. Dans les représentations artistiques, Europe apparait emportée sur un taureau blanc - incarnation de Zeus - regardant en arrière vers le pays l'ayant vue naître et grandir et qu'elle quitte définitivement. L'exil est avant tout un arrachement, qu'il soit imposé ou désiré. Et la traversée, un désenchantement qui nous sépare de notre enfance, comme exprimé dans les vers du bateau ivre d'Arthur Rimbaud :

 

Si je désire une eau d’Europe, c’est la flache

Noire et froide où vers le crépuscule embaumé

Un enfant accroupi plein de tristesse, lâche

Un bateau frêle comme un papillon de mai.13

 

Souvent la petite histoire familiale, à la fois douloureuse et salvatrice, se mêle à la grande histoire. Fille et petite-fille de migrants dont la misère pousse sur les routes de l’exil, la traversée des frontières est encore vécue comme une cicatrice familiale.Dans les années 1970, la fuite de la pauvreté dans un Portugal gangréné par un régime autoritaire et dictatorial incarné par Salazar, amène ma famille à quitter le pays. Les parents, mes grands-parents, entreprendront les premiers le voyage, puis les enfants accompagnés de passeurs, sous la houlette de l'ainée du haut de ses dix-sept ans, en charge de six autres enfants dont le cadet a à peine deux ans. Cachés dans un train de nuit afin de passer incognito la frontière espagnole, puis traversant à pied les Pyrénées, en plein hiver. Les enfants entreprendront cet ultime voyage, afin de rejoindre le sud de la France ou mes grands-parents ont déjà trouvé refuge. 

        Accueillis les bras ouverts dans un petit village du sud de la France, ils furent logés dans l'ancien presbytère attenant à l'église, en échange de services rendus à la communauté. Presque cinquante ans sépare ces vagues de migration, et le mouvement de repli actuel, après des années de quête de main d'œuvre, semble contaminer peu à peu plusieurs pays à travers le monde. L'heure est à la méfiance et tous les moyens sont bons pour éloigner ceux qui ne sont plus les bienvenus. Le cas des États-Unis semble être le plus emblématique : pays qui s'est édifié sur des terres volées aux Indiens, s'érigeant en nation des migrants et aujourd'hui construisant un nouveau mur entre la frontière mexicaine et leur pays. Alors que les terres conquises appartenaient auparavant au Mexique. D'où le leitmotiv des militants mexicains vivant aux États-Unis, repris dans le livre et aujourd'hui emblème de l'injustice des frontières : « We didn't cross the border, the border crossed us »14.

Dans son texte Nous autres réfugiés15rédigé en pleine guerre, Hannah Arendt évoque de façon bouleversante ce que peut représenter « la perte de foyer » pour les migrants : « autrefois nous étions des personnes dont on se souciait, nous avions des amis qui nous aimaient et nous étions même réputés auprès de nos propriétaires pour payer régulièrement nos loyers. Autrefois nous pouvions faire nos courses et prendre le métro sans nous entendre dire que nous étions indésirables. » 

 

 

 

        Dans Noir inconnu (Wanderer) ✯, nouvel opus crépusculaire, les vagabonds ont envahi les pages blanches. Dans cette ode contemporaine, Sylvain George rend hommage à ceux qui abandonnent tout en quête d'une vie meilleure, tout en se heurtant aux tergiversations des pays amphitryons. Avec son titre sibyllin, Noir inconnu (Wanderer) ✯ est un recueil de poèmes dont l’étoile noire, objet céleste analogue au trou noir16 préfigure les nuits clandestines passées au milieu des shlemilhs17. S'unissant à leur progression mortifère dans un « je-nous » Rimbaldien, mot-valise qui englobe l'auteur dans les tourments de son époque. Puis, traversant les genres, un « je-elles »18 rendant hommage aux femmes de combat, les oubliées comme celles qui ont lutté pour se faire une place. Egalement, un je-animal, bestial, entre chien et loup, ou lycanthrope, prêt à dilacérer de ses crocs les corps apathiques. Et enfin, un je-désincarné, puissance cosmogonique qui se déploie sous différentes formes holistiques. Ce je-pluriel dont l'ubiquité se fait l'écho de la multiplicité des voix des damnés, celles d'Amanuel, de Nurah et de tous ceux au destin fragile. Toutes ces mutations substantielles et immatérielles permettent à l'auteur de transcender le champ des possibles et donne à cette œuvre indispensable une vigueur solennelle face à l'attentisme politique et à la montée des extrémismes. 

Entre ardeur cathartique et magma libertaire, Sylvain George « entre dans la langue comme un terroriste, ose et joue des exodes, des métamorphoses, des évanouissements ».19 L’auteur laisse libre cours à son « imagination fertile-radicale »20et offre un « corps-palimpseste »21sur lequel s’inscrit les clameurs des vaincus avec beaucoup de rage et de noirceur. « Que le poète obscur persévère dans son obscurité, s’il veut trouver la lumière »22 préconise Jean Paulhan. Sylvain George est l’allumette qui embrase tout sur son passage, ne laissant de places ni à la complaisance ni au remord, tout en prônant un renouveau simultanément destructeur et créateur.

Dans ses métamorphoses, la prédominance du corps comme interface hybride émerge sous forme de mots-valises :« l’homme-de-peu, l’homme-de-peur, l’homme-troué, l’homme-lambeaux, le chiffonnier »23,« corps-poudre-canon », « noyée-aveugle »24,« corps-lacrymogènes »25, « corps-symphonie » et « corps-cosmopolitique »26... Cette enveloppe charnelle n'est plus seulement véhicule des émotions, elle est traversée d'impacts violents et meurtriers. Ces choix stylistiques nous renvoient aux corps mutilés de ses films, et notamment à la scène emblématique où pour ne plus être identifiés, les migrants lacèrent et brûlent quotidiennement leurs phalanges avec des vis rouillées. 

        Noir inconnu (Wanderer) ✯ est un livre-monde, usant de locutions latines, de graphèmes d'orient ou de l'empire du milieu, de bribes d'anglais, d'italien, d'espagnol, d'hébreu, d'arabe... souvent arrachés à des conversations, d'autres fois tirés de slogans devenus universels. Dans une fragmentation de la narration traversée par des dialogues, des vers, des acronymes, des exclamations, du verlan, des mots rayés, d'autres à deviner - tel le jeu du pendu - l'auteur nous délivre un récit en miette27. De ce syncrétisme prononcé naît un sentiment de dérive anagogique. Cette élégie écorchée est construite tel un kaléidoscope ou les phrases reviennent par circonvolutions, telles les ondes auxquelles font référence les trois parties distinctes du recueil. Sylvain George compose ses livres comme des visions et ses films comme des livres, les deux mutuellement constitués de chapitres, d'ondes ou des vagues. 

        Noir inconnu (Wanderer) ✯ est un « livre d’images »28, ou le réel se mêle à un imaginaire erratique qui prend parfois des allures fantasmagoriques. Avec l'évocation de ceux qui sont partis : Ivan, Magdy, Tarek, Louam Beyene… 29, de la place des morts et des vivants. « Les vivants s’en vont, les morts reviennent »30. Ils reviennent hanter nos rives et nos esprits, tels le petit Aylan Kurdi et son frère, morts noyés dans le naufrage d'une embarcation de migrants au large de la Turquie. Les enfants, premières victimes de la folie des hommes, dans un monde qui ne leur épargne aucune violence, poussant leurs parents, désespérés à encourir des risques parfois irrationnels dans l'espoir de leur offrir une vie meilleure. 

        L'Europe serait-elle devenue aveugle et sourde à la souffrance des migrants pour interdire les ONG via leur bateau de sauvetage de venir secourir des vies en danger ? Pour criminaliser les capitaines Carola Rackete et Pia Kemp et leurs équipages, obéissant à leur devoir d'assistance à personne en danger inscrite dans le droit maritime international ? De faire endurer un cauchemar judiciaire à ceux qui tentent de rapatrier leur famille ou belle-famille ? À condamner ceux qui leur viennent en secours ? Et à pourchasser les migrants sur notre territoire ?

        Dans son Film socialisme, Jean-Luc Godard filme la déchéance de l'Europe à bord du navire de croisière, le Costa Concordia qui traverse la Méditerranée tel un vaisseau suranné, coupé de la réalité. Dans ce film-somme, Jean-Luc Godard se désole de la dérive de l'Europe, banqueroute matérialisée quelques années plus tard par le naufrage dudit paquebot. L'indécence de ses paquebots géants et polluants aux pleutres capitaines qui défigurent les côtes méditerranéennes déversant leur flot de touristes ayant acheté leur passage, est la métaphore de notre continent qui poursuit sa lente progression vers le désastre, sans se soucier aux alentours des embarcations fragiles des voyageurs clandestins.

        Au milieu du fracas du monde, arrive à nos oreilles, comme une ritournelle incessante, la prière laïque d'Erri de Luca courageusement déclamée au lendemain du drame qui emporta 800 âmes humaines. Des vies à jamais plongées sous le linceul de la mer. La mer est devenue un cimetière, mère impitoyable qui reprend en son fond ses enfants noyés. Son poème salutaire brise notre complainte égotique, telle la Gorgone qui pétrifie ses victimes et nous amène à voir l'horreur en face :

Notre mer qui n’est pas aux cieux,
à l’aube tu es couleur de blé
au crépuscule du raisin des vendanges
nous t’avons semée de noyés plus que
n’importe quel âge des tempêtes.31

 

        L’anaphore « brûler les villes endormies » frappe à plusieurs reprises les pages du sceau de l’urgence, appelle à l’éveil, nous exhorte à sortir de notre torpeur. Noir inconnu (Wanderer) ✯ est un prodrome dénonçant l'atrophie des relations humaines, dont le substrat réside justement dans une reconnaissance et assimilation de l'élément exogène. À défaut de trouver l'antidote à ce mal qui nous accable et nous empêche d'agir, un Tabula rasas'impose afin de mieux redéfinir les mobilités et bâtir un avenir commun hic et nunc. Vilém Flusser défend « la liberté du migrant » dans son livre au titre homonyme, la liberté de choisir sa destination et de pouvoir circuler sans entraves32. Dans ce « vivre-en-relation » prôné par Patrick Chamoiseau, l'auteur défend l'idée de « solidarités multidimensionnelles, évolutives, et de fraternités imprévisibles et transversales »face à une « mondialisation déshumanisante »33. La figure de l'itinérant ne devient plus obstacle, mais filiation.

 

        In fine, la prose au magnétisme ténébreux prend son envol pour nous livrer une mythologie contemporaine du migrant, évoquant en filigrane la figure du juif errant, ce schnorrer qui hante les pages au travers de ses suppliciés. Frappés d'anathème, ces damnés de la terre sont condamnés à l’errance, sans mère ni patrie. Sylvain George nous oblige à regarder sans peur la mort en face : il fait remonter à la surface l'existence de ces êtres aux vies tumultueuses et dans un mouvement tourbillonnaire, nous enjoint à l'émancipation de ce système funeste, à la révolte. 

Aujourd'hui et pour les générations futures, les enjeux cruciaux à relever vont être de ne pas sombrer dans un despotisme aveuglant, nous laissant insensible face à la douleur du monde. L'engagement du poète est de nous accompagner afin d'éclairer nos nuits et de nous faire entrevoir l'injustice subie par certains. Dès lors, il s’agit d'accueillir les corps et de recueillir les paroles, de soigner les âmes torturées et de protéger les plus fragiles.

        Cet article est dédié à tous les enfants, victimes silencieuses, qui naissent au milieu de la barbarie des hommes, et sont confrontés à la guerre, l'exil et la violence. Pour Sama34, Haidar35, Omrane, Aylan, Galip, Ibrahin, Valeria et tous les enfants anonymes disparus ou blessés.

 

Joanna Espinosa

1Extrait du livre de Sylvain GEORGE Noir inconnu (Wanderer), Réville, De l'Incidence Éditeur, 2019, p. 101.

2Hannah ARENDT, Condition de l’homme moderne, Calmann-Lévy, 2018, p. 406.

3François JOST, La télévision du quotidien, Editions de Boeck Université, 2001, p .221.

4Michel FOUCAULT, Dits et Écrits, Chapitre IV, Gallimard, 2001, p. 1736.

5Extrait du livre de Sylvain GEORGE Noir inconnu (Wanderer) , Réville, De l'Incidence Éditeur, 2019 ,p. 73.

6Joachim DU BELLAY,  Les regrets, Flammarion, 2013, p. 255.

7Le naufrage de la frégate La Méduse survint en 1816, la peinture du Radeau de la Méduse fut exécutée entre 1818 et 1819 et le pastiche est apparu en décembre 2015 dans la ville de Calais en même temps que deux autres graff (Steve Jobs fils d'un père syrien, représenté en migrant et un enfant, valise au pied, scrutant l'Angleterre à l'aide d'une longue-vue). 

8Extrait du livre de Sylvain GEORGE Noir inconnu (Wanderer) , Réville, De l'Incidence Éditeur, 2019, p. 44.

9Theodor W. ADORNO, Minima moralia, réflexions sur la vie mutilée, Petite bibliothèque Payot, 2003, p. 370.

10Hannah ARENDT, Nous autres réfugiésPouvoirs, revue française d’études constitutionnelles et politiques, n°144, 144 - Les réfugiés, p. 5-16.

11Alain BADIOU, De quoi Sarkozy est-il le nom ?, Nouvelles Éditions Lignes, 2007, p. 160.

12Extrait de l'émission radio de France culture du 11mars 2019, Le mythe d'Europe ou l'histoire d'un enlèvement , Françoise FRONTISI-DUCROUX.

13Arthur RIMBAUD, Poésies, Le livre de Poche, 1998, p. 283.

14"Nous n'avons pas traversé la frontière, c'est la frontière qui nous a traversé", p. 93.

15Hannah ARENDT, "Nous autres réfugiés", Pouvoirs, revue française d’études constitutionnelles et politiques, n°144, Les réfugiés, p. 5-16.

16D'après la définition du Larousse. 

17Terme yiddish désignant le malheureux extrait du livre de Sylvain GEORGE Noir inconnu (Wanderer) , Réville, De l'Incidence Éditeur, 2019, 2019, p. 60.

18Sylvain GEORGE, Noir inconnu(Wanderer) ✯, Op. cit., p. 122.

19Sylvain GEORGE, Noir inconnu (Wanderer) ✯, Op. cit.p. 117.

20Ibid., p.98.

21Ibid., ,p.86.

22Jean PAULHAN, Postface deL'Auberge Parpillon, Les Contes de Noël DevaulxCollection Blanche, Gallimard, 1945, p. 200.

23Sylvain GEORGE, Noir inconnu (Wanderer) ✯, Op. cit.p. 219.

24Ibid., p. 53.

25Ibid., p .119.

26Ibid.. ,p. 210.

27Ibid. ,p .107.

28Ibid., p. 234.

29Ibid., p. 32.

30Ibid., p. 157.

31Mare nostro che non sei nei cieli, all’alba sei colore del frumento al tramonto dell’uva di vendemmia. ti abbiamo seminato di annegati più di qualunque età delle tempestePrière laïque, par Erri DE LUCA, diffusé sur la chaîne LA7 le 19 avril 2015.

32Vilém FLUSSER, The freedom of the migrant, objections to nationalismeditor : Anke K. Finger, translator - Kenneth Kronenberg, 2003, p. 106.

33Patrick CHAMOISEAU, Frères migrants, Seuil, 2017, p. 144.

34Pour Sama, titre du film de Waad AL-KATEAB et Edward WATTS, 2019.

35Neveu du réalisateur Abbas FAHDEL dans son film, Homeland : Irak année zéro, 2015.